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LES CAPRICES DU TEMPS

Par Gay (Mermet) Marie-Odile Le 16 octobre 2011 199 lectures

LES CAPRICES DU TEMPS

L’automne nous fait vivre de si belles journées que nous avons peine à croire que l’hiver nous réservera sans doute quelques surprises enneigées.


Nous avons puisé quelques souvenirs dans un livre des "Mémoires d’un pays perdu" de Mme Vandembeusche, historienne de la Combe d’Evuaz dans le "Haut-Jura", frontière autrefois entre la Franche-Comté et la Savoie.

A cette époque, on ne parlait pas de bombe atomique, ni de couche d’ozone. Le temps faisait ce qu’il voulait et ce n’était pas toujours facile pour les habitants isolés dans leurs habitations sans confort et loin de tout.

Les années 1817 et 1818 furent deux années catastrophiques. En 1817 il n’y eut pas un mois sans chute de neige. La neige s’installa en novembre et persista jusqu’au 20 avril 1818, pour être remplacée par des pluies continues jusqu’à la fin du mois de mai. Suivit alors une période de sécheresse exceptionnelle qui dura quatre mois. Il n’y eut ni grain, ni foin, ni chanvre et le bois se vendit à des prix ridicules. L’année suivante, il n’y eut pas de neige du tout. Par contre, 1822 fut une bonne année, où les saisons se firent correctement. Etait-ce dû au passage de la comète ? On voulut s’en persuader.

En 1848, on enregistra une forte chute de neige dans les premiers jours de juillet. En janvier 1850, on mesura 3 mêtres de neige. C’était du jamais vu depuis 1829. Dès octobre de la même année, la neige revint sur les hauteurs. Deux ans plus tard, une tempête de neige causa la mort de trois enfants de Chézery (Ain), qui étaient allés aux noisettes. En général, les noisette se récoltent fin septembre, début octobre.

En 1856, la neige fit son apparition au milieu de septembre et en juanvier 1857 la chute fut considérable. En 1860 il y en eut tellement que les vieux ne se souvenaient pas d’un hiver aussi rigoureux.

Les dernières années du siècle sont également remarquables par la rigueur des hivers. En 1887 on mesure 50 cm de neige dès le 12 octobre et en février 1889, l’épaisseur de la couche et la vigueur de la tempête provoquent de nombreux et déplorables accidents dans la vallée de la Valserine. Le cheval du boulanger de Champfromier a été assommé par un paquet de neige glissant d’une toiture. On a eu également beaucoup de mal à sauver un médecin pris dans une fondrière avec voiture et cheval. Les communications furent interrompues pendant une semaine.

Cette année là, l’été fut court et la neige revenue à la mi-octobre tint jusqu’à la mi-juuin 1890 avec une tombée de 40 cm pour la Pentecôte.

Il s’agit bien là des "huit mois de neige" dont parle proverbe des hauts plateaux qui ajoute que, après deux mois de vent, le reste est d’un beau temps dont on n’a pas idée ailleurs.

Le mois d’août 1893 fut si beau et si chaud que "la Semine" petite rivière de la Combe d’Evuaz, fut réduite à un filet d’eau. L’été de 1911 reste dans les mémoires comme chaud et sec, si sec que l’on a fané même dans les bois à la faucille et jusqu’au sommet du crêt de Chalam à plus de 1500 mètres d’altitude.

Nous avons aussi le souvenir d’un "facteur" qui n’avait pas vu qu’il se trouvait sur le toit d’une maison à cause de la hauteur de la neige, et qui était tombé dans la cheminée de la maison. Sans le vouloir, il avait tenu le rôle de père Noël. 

Ces variations climatiques obligeaient les habitants à s’organiser pour les longues périodes de claustration, autant pour les personnes que pour les animaux. La vie n’était pas toujours facile à une époque où il n’y avait pas de chasse-neige et pas de prévisions météo.

Pour notre part, nous avons le souvenir d’une première neige tombée le 5 Octobre 2008, pas en grande quantité pour rester, mais dont nous vous faisons partager quelques photos. Ce n’est pas souvent que nous voyons la neige sur les arbres encore verts et couverts de leur feuillage.

Apprécions donc le bel automne dont nous bénéficions cette année et qui éclabousse de ses magnifiques couleurs nos montagnes qui se revêtiront bientôt de blanc.

 


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