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LA COMBE PERDUE

Par Gay (Mermet) Marie-Odile Le 12 novembre 2011 397 lectures

LA COMBE PERDUE

11 Novembre, journée du souvenir et de mémoire des soldats tombés au champ de bataille durant la première guerre mondiale. Nous avons recensé plus de 110 Mermet tombés dans les combats, dont environ 46 issus du Jura et de l’Ain.


La plupart de ces Jurassiens sont nés dans les villages des Bouchoux et de La Pesse. La douceur du temps nous a permis de revenir sur les pas de ces familles qui ont vécu dans ce pays perdu qu’était la Combe d’Evuaz près de la Pesse. Marie Odile et Claude, les petits enfants de Jules Xavier Mermet ont voulu retrouver le lieu d’habitation de leur grand-père, avant qu’il rejoigne, avec son épouse et 5 enfants vivants, les lieux plus cléments de la région de Saint-Claude, il y a un siècle. 

A la sortie de La Pesse, nous avons donc pris la route, partiellement non déneigée en hiver, qui rejoint Giron et Champfromier. Route étroite qui serpente dans cette combe perdue et garde encore en mémoire les grosses maisons bien restaurées qui ont abrité les grandes familles qui faisaient la vie d’autrefois. La petite rivière "La Semine" serpente sous les pentes abruptes du Crêt Mathieu avant de tomber en cascade jusqu’au Saut à l’Ane. Nous prenons le petit sentier qui doit nous emmener au Montelet, hameau aujourd’hui déserté et inaccessible en voiture. Fernand Mermet, aîné de 13 enfants, père de Jean et Janine Mermet, y est né en 1902. 

Chemin difficile pour arriver à ce qui reste de ce lieu de vie. Epines, orties, broussailles à traverser avant de trouver ce qu’il reste des souvenirs de nos anciens. Plus de maisons, seules quelques traces de murs de pierre, des trous dans lesquels ont grandi des arbres dont certains n’ont pas résisté aux tempêtes et qui gisent sur le sol. Comment faisaient-ils pour vivre là. De quoi vivaient-ils ? Autant de questions que nous nous sommes posées. 

Notre tante, Reine Mermet, nous avait confié que pour aller à l’école, elle brassait la neige jusqu’au ventre. Le long du sentier nous avons pensé à elle, au froid, à la solitude, au manque d’équipement, pour arriver à l’école de la Combe située à au moins 2 kilomêtres. Cette école est toujours là mais sert de résidence secondaire maintenant. Il y avait de la vie, du mouvement, du passage, tout le monde circulait à pied. Dans un prochain bulletin de l’association, nous vous parlerons de Jeanne-Marie Mermet, institutrice, qui enseignait ici son savoir aux enfants des fermes disséminées à l’abord des forêts. 

Nous avons quitté ces lieux remplis de souvenirs et d’histoire pour rejoindre nos habitations modernes et confortables. Quel changement en une centaine d’années. Les Morts aux combats de la Grande Guerre ont souvent dû évoquer, dans leurs tranchées, le souvenir des visages, leur famille, les prés, les montagnes d’où ils étaient issus. 

Nous avons un devoir de reconnaissance éternelle envers eux. 

 

 


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