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L’histoire de notre patronyme

Par Jérôme Mermet Le 27 décembre 2006 1349 lectures


HISTOIRE DES " MERMET "

  

Source Château d’Avully à Bons en Chablais

On trouve en Savoie deux familles nobles avec leurs propres blasons

 

  MERMETY (famille du Chablais)

" d’Azur à deux chevrons d’or posés de rang, la jambe senestre du premier passant sous la jambe dextre du second."

(Litt. Pat. 27/02/1480 de Monseigneur Jean-Louis de Savoie, administrateur du diocèse de Genève, en faveur de Vénérable Pierre MERMETY et des Nobles Jean et Bartholomé MERMETY, ses frères, issus de la ville de Thonon,

Révérend du Mesnil : Armoirie Bresse et Bugey p.423)

L’ancienne forme latine a donné " MERMET "


MERMET

" d’Azur à la croix pattée d’or "

(Révérend Savoynod 1887, p.184. Rd MERMET, curé Saconnex.



Source Gustave Burdet

MERMET vient de "MERME", ancien superlatif de "petit" (lat. Minimus) en ancien français : très petit.
Qu’on songe à : marmaille, marmot, marmouset.

 

D’après Gustave BURDET, au XVIe siècle un protestant suisse serait venu s’installer à La Pesse, au Berbouillet plus précisément.

Paul DURAFFOURG conteste cette hypothèse en avançant qu’en 1391 on trouvait un certain PERNET MERMET à Picta Cumba.

Ce MERMET du Berbouillet était maréchal de son état. Il aurait établi une forge à l’endroit de son implantation.

Ce MERMET, devenu MERMET-MARECHAL, avait 9 filles qui se marièrent dans les environs, entre Lélex et Sous-Le-Rosay, avec des nommés : Louis (Sur la Roche), Désiré, Jacques (de la Semine), d’où les patronymes composés : MERMET-AU-LOUIS, MERMET-AU-DESIRE...

Il est un fait qu’on trouvait des MERMET en Suisse (cf. l’abbé MERMET, le célèbre sourcier) et en Savoie

(MERMET était le nom de baptême du cardinal de BROGNY, mort en 1426.).


Aujourd’hui la plupart des MERMET ont un nom d’appui qui permet de les distinguer :

  • MERMET-BIJON (peut-être de : Benjoin)

  • MERMET-GRANDFILLE (aux grandes filles)

  • MERMET-GRANDJEAN

  • MERMET-GRANDPIERRE

  • MERMET-GUYENNET

  • MERMET-JEUNESSE

  • MERMET-MARECHAL

  • MERMET-MAURE

  • MERMET ET-LIAUDOZ (de Liade, Liaude : Claude)

  • MERMET-MOCHON (de motson : petite mouche)

  • MERMET-MEILLON

  • MERMET-BURNET (de brunet, brun ou originaire de la Burne).

 

Il exista d’autres MERMET dont on retrouve les traces dans les vieilles matrices cadastrales et les archives : MERMET-CACHON, MERMET-AU-DESIRE, MERMET-AU-JACQUES, MERMET-GRANDMOTTET.

Dans la liste de la première délibération du 1er janvier 1780, à laquelle nous avons fait allusion plus haut, on trouve déjà tous ces MERMET, plus un MERMET-BRAYON.

On peut faire observer qu’à ce jour - 1994 - les MERMET se trouvent en nette régression sur la commune de La Pesse, soit parce que certains se sont expatriés, soit parce que s’est éteinte telle ou telle famille.

En 1633 : un MERMET-PRALET

A propos de la famille MERMET-GUYENNET : GUYENNET est dérivé de GUY, nom de baptême (german. WID : forêt), comme d’autres patronymes : GUYON, GUYONNET, GUYARD, GUITTON.

FAMILLE MERMET-MORE
Gaspard-Julien né aux Bouchoux le 12 février 1840. Il était célibataire et meunier de son état. Il aurait quitté le moulin de Douveraine (selon Femand MERMET, secrétaire de mairie) vers 1900. Il était boiteux, à la suite d’une chute qu’il avait faite depuis un toit. Il se servait d’un manche de faux comme béquille. Il vivait retiré dans la baraque des Maisonnettes, petite construction située au levant de la fromagerie, en bas de la descente du Crêt Bouvard.

Sans ressources, il touchait le pain de la commune et 5 F par mois. Pour s’occuper, il confectionnait des dents de râteaux et réparait des seaux. Il descendait au village chercher son pain et son tabac et, l’hiver, lorsqu’il ne pouvait pas se déplacer, c’était Maximin SAINTOYEND (ou Andréa) qui lui apportait ses provisions.

Ce MERMET avait une soeur qui se serait mariée à l’Embossieux.

Tiré de l’ouvrage du Chanoine André Vuillermoz
" Deux villages en parenté La Pesse Les Bouchoux "

Source Robert Mermet

Texte de la causerie de Matre Robert MERMET, avocat honoraire à la Cour d’Appel de Paris, 
lors du rassemblement des MERMET à la Féclaz commune des déserts) le 22 juin 2002
.

LES MERMET

Etymologie - Origine - Dissémination

Chercher ses racines ce n’est pas seulement se livrer à une étude de généalogie, c’est aussi d’étudier l’étymologie de son nom, sa provenance géographique, et également les événements sociologiques qui se sont succédés au fil des générations.

ETYMOLOGIE

Pour le nom " MERMET " nous savons que c’était à l’origine un prénom. Je possède des photocopies de documents qui en attestent : a Allèves, nous avions une famille importante les " DAGAN" ; Ce nom s’écrivait initialement sans " D " final, mais à partir du XVI siècle, nous voyons souvent ce nom avec un " d " final. J’ai donc des exemple ou l’un de ces Dagan avait comme prénom Mermet. Nous trouvons les textes en latin ou l’on a et le nom simple et le nom précédé du prénom ce qui donne dans une phrase où le personnage est sujet : Mermetus Daganus, et où il s’agit d’un complément Mermeti Dagani, Mermeto Dagano. La certitude de ce qu’il s’agit bien d’un prénom, et non d’un sobriquet comme on le trouvera plus tard, provient du fait qu’un texte de la fin du XV siècle donne ce même mot au féminin, et nous avons une Mermeta.

Dauzat, qui n’a pas hésité à inventer ce qu’il ne savait pas, dit que notre nom viendrait de " marmot " et aurait été le sobriquet d’un homme très petit. Ceci est absurde. Il y a bien des Mermot des Mermoz, mais ce n’est que la défiguration d’un nom par un scribe maladroit. J’ai par exemple une arrière grand tante de mon grand père, qui est née Mermet, mariée Mermoz, décédée Mermet. Ces exemples de déformation sont nombreux, et il faut faire très attention lors des recherches généalogiques. Vous avez un grand père Mermet, un arrière grand père Mermoz, un arrière arrière grand père Mermet. Par exemple j’ai à La Biolle une famille COLET. Au début du XVII on trouve des enfants de ce Colet (avec un seul l) devenu Collet (avec 2 L). Puis deux générations après, des descendants sont les uns avec un seul L, les autres gardent les deux L, ce qui vent dire que les " COLET " et les COLLET " ont le même arbre généalogique, les mêmes ancêtres.

La latinisation de notre nom démontre qu’à l’origine il s’agit bien de MERMET avec un " e " et un " t ".

L’hypothèse la plus souvent admise est qu’il s’agit d’un diminutif d’un prénom ; Il pourrait s’agir du diminutif de la forme latine de GUILLAUME qui aurait donné GUILLERMET, le petit Guillaume, ou de la forme germanique WILHERMET ; Je penche pour la forme latine dans un pays où la langue était romano-provençale ; Le LLERMET se serait transformé en MERMET. Certains proposent d’autres prénoms comme origine. Il a été, en particulier, proposé une déformation du nom de saint MAMERT. Pour ce faire il faudrait un déplacement du " R " et une mutation du " A " en " E ". Cela ne répond pas plus aux règles habituelles de la linguistique que la transformation du " LL " en " M ". Nous n’avons aucune chance d’avoir une preuve formelle de l’origine de ce prénom.

ORIGINE GEOGRAPHIQUE

Membre du Centre Généalogique Savoyard de Paris et Région Parisienne, (CGSPRP) j’ai connaissance des travaux des autres membres. Il ne faut pas se fier aux archives modernes, l’origine des noms se trouve dans les plus vieux documents, actes notariés, et surtout actes paroissiaux. ; nous avons en outre le dénombrement de 1561. Il semble bien qu’aux XV, XVI et XVII siècle on ne trouve de MERMET qu’en Albanais, c’est à dire entre Rumilly et Aix les Bains, cette dernière ville non comprise. Lors du dénombrement, dans les hameaux de Collonges nous trouvons 15 foyers dont :

Jacquemoz Mermet, ses trois fils, Etienne et son fils.

Claude Mermet ses deux fils, Etienne Mermet et son fils, Pierre Mermet et ses deux fils.

Chez Alban le Vieux, Jehan Mermet

Chez Claude de Collonges alias MERMET Claude son neveu. Nous trouvons dans les actes d’Albens des " de Collonges alias Mermet ", et il semble bien que le " de Collonges " disparaisse rapidement au profit du seul patronyme Mermet.

Sur une population de 91 habitants nous avions 36 adultes mâles, 30 femmes, 9 enfants mâles, 16 filles ; il y avait 6 Mermet mariés, 5 épouses une veuve, 9 enfants mâles 5 filles, et donc 26 MERMET. Il est évident qu’avec 45 garçons déjà pères ou appelés à l’êtres, la population des MERMET devait fatalement être fort nombreuse quelques années après.

Dans cette région de basse montagne, les gens se déplaçaient facilement d’un village à l’autre, dans un rayon d’une quinzaine de kilomètres, et quittaient leur propre village soit pour aller habiter dans la famille de leur épouse, soit pour y trouver un autre travail, une autre terre à cultiver. Comme nous ne trouvons pas dans cette haute époque du XVI d’autres MERMET dans les autres vallées savoyardes, mais qu’en revanche nous avons à Rumilly au XIV siècle une demoiselle Mermet figurant sur un mandement seigneurial, l’origine géographique de notre nom semble bien être l’Albanais.

DISSEMINATION

La dissémination de notre nom est due à l’émigration savoyarde dès le moyen âge.

En premier lieu il y eu la dissémination marchande. Beaucoup de savoyards quittaient leurs terre pour une saison et aller vendre des produits soit faits sur place, soit achetés en Piémont ou en Provence, sur les foires et marchés du Palatinat, de Suisse, d’Alsace, de Lorraine et même jusqu’en Champagne. Ces " mercators " comme est appelé Jacquemoz Mermet à Collonges en 1561, quittaient donc la Savoie vers le Nord, soit par la Suisse, soit par la Franche-Comté et le jura. Si beaucoup revenaient au pays, d’autres s’arrêtaient en route, et s’installaient, la plus part du temps en s’y mariant. Nous trouvons dans certaines généalogie comme premier ascendant un enfant naturel.

La pauvreté du duché de Savoie, par rapport à une certaine richesse en Royaume de France amenait souvent des savoyards à quitter le pays et à aller s’engager comme ouvrier dans des villes industrielles comme Lyon.

Il ne faut pas non plus négliger l’émigration provoquée par l’arrivée en France de Louise de Savoie, lorsqu’elle devient Reine de France.

Il faut prendre également en considération que les terres étant pauvres, revenaient le plus souvent à l’ané de la famille, et que les cadets allaient chercher fortune ailleurs. Le partage des terres n’auraient pas permis à des familles nombreuses de vivre. Bien évidemment les Mermet ne font pas exception à ces règles. Il n’est donc pas anormal d’en trouver plus en Jura, en Franche-Comté et à Lyon qu’en Savoie même. Cette dissémination se fait également dans le duché lui même. Ainsi une branche de ma famille a quitté très tôt Albens pour Allèves, et cette branche se sépare fin XVIII siècle pour se fixer à la Biolle. Lors du dénombrement, la paroisse des Déserts ne comptait pas de Mermet. Ils sont donc venus plus tard dans cette pauvre vallée. Je crois qu’ils ont du descendre depuis Allèves vers cette nouvelle implantation.

C’est au XVIII et au XIX siècle que la plus grande émigration va vers Lyon. A la fin du XIX siècle, après le rattachement de la Savoie à la France, que cette émigration s’amplifie vers la France, et également vers l’étranger, en particulier en Amérique du Sud. J’ai l’arbre généalogique de Mermet devenus argentins, dont l’ancêtre a quitté la Maurienne fin XIX siècle. Très souvent cette émigration avait lieu par groupe familiaux ou amicaux. Parfois ils partaient de Savoie pour rejoindre un parent ou un ami déjà installé. Ainsi un oncle de mon grand père, et la tante sont partis ensemble en Argentine. Seul l’oncle est revenu mourir à Chambéry.

CONCLUSIONS

Jusqu’à preuve contraire, je crois que notre nom est la déformation d’un prénom, sans savoir lequel, que l’origine géographique est l’Albanais. Cependant, il semble osé de croire que nous avons tous la même souche. Compte tenu u nombre de Mermet à Collonges lors du dénombrement, il est certain que le nombre de descendants de ces Mermet, dont nous ne connaissons pas les liens de parenté, sont très nombreux. Cela, cependant, ne prouve pas que tous les Mermet sont de cette même souche.